Dans les coulisses de Matignon, les conseillers racontent un quotidien figé, absurde, symptôme d’un exécutif à bout de souffle. Hugo Wintrebert a rencontré ces hommes de l’ombre d’une machine qui tourne à vide. Jusqu’à quand ?
En février dernier, François Bayrou pose en col roulé dans Le Point, l’air tranquille, accoudé à la rampe de l’escalier d’honneur jouxtant son bureau. « Tout le monde dit que Matignon, c’est l’enfer. Pour moi, pas du tout. » Le Premier ministre veut se la jouer capitaine dans la tempête, débonnaire et flegmatique. La citation pourrait tout aussi bien trahir une certaine indolence et cette folle propension à se croire différent des autres, bien au-dessus de la mêlée. Dans ce contexte tendu de crise politique et de disette budgétaire, Matignon ne serait plus un enfer, vraiment ?